Elections UA – La commission aura son patron mardi, coûte-que-coûte

La présidente sortante se trouvera enfin un successeur même si ça ne sera pas chose aisée. Parce que les chefs d’Etat vont changer de stratégie et procéder par élimination. Avec 5 candidats en lice et la guerre des réseaux, ils ne peuvent plus faire autrement après l’échec d’une élection à Kigali il y a six mois. Explications !

La succession de  la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini Zuma, présidente de  la Commission de l’Union africaine (UA) au cours du 28e  sommet de  l’Union africaine s’annonce comme un véritable challenge pour les chefs d’Etat africains. Et pour cause, depuis la création de l’organisation, chose rare, devrait choisir entre plusieurs candidats qui s’éliminent par leur parcours respectifs. Cinq candidats pour un seul poste  dans des schémas les plus complexes où personne ne semble vouloir faire la moindre concession. Chaque région s’obstine à soutenir son candidat. De l’Afrique occidentale à celle australe en passant par l’Est et le Centre du continent. Un véritable casse-tête pour les chefs d’Etats qui en plus des tractations en cours sont obligés de se livrer à une diplomatie des couloirs.

Un costaud quinto en ring…

Qui des cinq candidats  en lice pour la succession de la Sud-africaine Nkosazana Dlamini Zuma à la tête de la présidence de la Commission de l’Union africaine (UA) parviendra à se faire élire au cours de cette 28è session de l’UA ? Périlleux de répondre à cette question qui taraude tous les esprits. Après le fiasco du 27è sommet tenu en juillet 2016 à Kigali au Rwanda où aucun des prétendants à ce poste n’a obtenu le maximum de voix (36 au moins sur 54, chaque Etat valant une voix) pour succéder à la Sud-africaine. Une situation que veulent éviter les dirigeants africains à ce 28e sommet, en optant pour la voie des éliminations. De de l’historien sénégalais, Abdoulaye Bathily, investi par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), au chef de la diplomatie Equato-Guinéen Mba Mokuy, qui « pense être le candidat de tout le continent », en passant par le ministre des Affaires étrangères du Tchad et président du conseil exécutif de l’UA, Moussa Faki Mahamat qui bénéficie du soutien de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), la bataille sera frontale. Pendant ce temps, et  dans l’ombre du Sadc (communauté régionale de l’Afrique australe) la teigneuse  Botswanaise Pelonomi Venson-Moitoi bande ses muscles. Quant à Amina Mohamed Jibril, ministre des Affaires étrangères du Kenya (qui aurait entre autres le soutien du Togo, seul pays de la Cedeao à se soustraire à la collégialité communautaire), qui se veut candidate de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Est (EAC) son pays mouille encore, aux dernières nouvelles le maillot de diplomatie. Au-delà de leurs mérites et soutiens, aucun candidat ne sera élu sans l’esprit de consensus et de compromis qui a souvent marqué l’organisation continentale.

Le chemin de la victoire sera complexe

Cette élection aura le mérite de toutes les divisions d’autant que certaines régions comme l’Afrique centrale ont plus d’un candidat ; notamment le candidat tchadien et celui de la Guinée équatoriale vont engendrer sans doute l’éparpillement des voix, lors du vote de ce scrutin qui se déroulera à huit clos entre les chefs d’Etat et de gouvernement à Addis-Abeba. Le candidat qui sera élu, sera celui qui, au-delà d’avoir convaincu, jouira le plus de réseaux d’influence d’autant que les chefs d’Etat procéderont par élimination. Ce qui veut dire qu’à chaque scrutin, le candidat qui aura obtenu le moins de voix sera extrait de la liste pour la suite de la compétition. A cette allure, au bout de 2 ou 3  tours, il ne restera plus que 2 ou 3 candidats. Ainsi, il est plus que certain que les dirigeants africains ne partent d’Ethiopie avec le nouveau patron de la commission.

Malgré la qualité des postulants, aucun d’eux n’est sûr de mobiliser les 36 voix au premier tour. A 72 heures de cet huis clos des chefs d’Etat, rien ne se dessine à l’horizon si ce n’est qu’avec 14 pays (tous ceux de la Cedeao à l’exception du Togo), le Sénégalais Abdoulaye Bathily est le mieux parti d’autant qu’aucune autre région ne dispose d’autant de voix. Dakar pourrait finalement convaincre le Togo qui, depuis les actes méprisants que Faure reproche à Sall à son égard, durcit diplomatiquement le ton face au Sénégal.  Mais un spectaculaire revirement n’est pas à écarter, l’Afrique australe estimant que la présidente sortante (originaire de l’Afrique du Sud) « n’ayant fait qu’un seul mandat, cette région en avait droit à un second ». Argument balayé par l’Equato Guinéen qui compte mobiliser « tous les moyens » pour la victoire de son candidat. Mais en attendant, ici à Addis Abeba, experts et diplomates travaillent aux grandes réformes de l’organisation à l’horizon 2063. De gros défis pointent à l’horizon.

Léonel EBO, envoyé Spécial Addis Abéba, Ethiopie


Commentaire

commentaire

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

}