TOGO : Une adhésion imminente au Commonwealth qui repositionnera Lomé

Le Togo se prépare à intégrer le Commonwealth dans les années à venir mais pourrait en devenir membre observateur dès 2018. Processus en cours d’aboutissement avec une délégation de l’organisation anglophone à Lomé la semaine dernière. Robert Dussey y voit une manière d’étendre la zone d’influence de la diplomatie togolaise. Qu’est-ce que cela va changer ?

A la suite du Rwanda (encore le pays de Kagamé), le Togo sera l’un des rares pays exclusivement francophones à adhérer au Commonwealth. Le processus a beaucoup évolué depuis quatre ans et le séjour récent d’une délégation pourrait booster les choses alors que Lomé privilégie une diplomatie du pragmatisme et de l’ouverture. Une initiative qui ne plaira pas à la puissance coloniale, la France, qui n’a pas fini de digérer le dos tourné de Kigali.

Robert Dussey réajuste la diplomatie au détriment de Paris

Discret et apprécié, classé parmi les 100 personnalités africaines les plus influentes de 2016 par le magazine New African, le ministre togolais des affaires étrangères est un « froid francophile » qui s’ignore. « Nous avons de bonnes relations avec la France, nous essayons juste de diversifier nos partenaires » sourit Robert Dussey. Ça c’est le côté diplomatique. Dans la réalité, depuis son arrivée à ce ministère, une prédominance germanique a été observée dans la diplomatie togolaise avec deux pompeuses visites d’amitié et de travail de Faure Gnassingbé à Berlin dont la dernière en juin dernier. Un rapprochement qui a multiplié des projets bilatéraux et garanti un appui stratégique important dont a bénéficié le pays de la part de l’Allemagne. Depuis, un punch anglo-saxon s’invite dans la réorientation avec l’ouverture d’une ambassade à Londres et plusieurs visites du ministre en Grande-Bretagne. C’est ainsi que l’idée d’adhésion au Commonwealth est née et fait son chemin depuis quatre ans. A une vitesse de croisière. « C’est une chance pour moi d’avoir un président qui m’écoute sur les propositions et me soutient tant que l’initiative entre dans sa vision globale pour le Togo » clame Dussey qui voit dans cette adhésion « une force pour la visibilité du Togo« . Il souhaite même que l’anglais reprenne une place importante, « le monde est à l’anglais, on n’a pas le choix. Je ne dis pas qu’il sera la première langue mais il doit reconquérir du terrain dans nos programmes scolaires » insiste-t-il. A la rwandaise en quelque sorte. Mais en attendant, il faut devenir, et c’est fort probable, membre observateur en 2018 puis « poursuivre et achever le processus afin d’en devenir membre à part entière » selon le ministre qui y tient comme un projet angulaire de son plan diplomatique

Les avantages pour le Togo

D’abord une présence plus importante  et remarquée dans le monde avec la participation aux sommets du Commonwealth. L’occasion de tisser de nouvelles relations, notamment avec les pays d’Asie qui jouissent des croissances les plus explosives de la planète. Ensuite, multiplier des projets bilatéraux de développement avec les dragons d’Asie et les grandes nations émergentes. « Je fais un lien certain entre la diplomatie et l’économie » continue le ministre Dussey pour qui, le plus important n’est pas d’être partout mais « ce que notre présence nous rapporte pour le développement de notre économie et le bien être des Togolais« . Enfin, alors que la Francophonie perd de ses étincelles selon plusieurs rapports commandités par Paris, le Commonwealth peut être la voie de secours pour de nouveaux horizons. « La vision du président de la République est de faire du Togo un pays qui compte. On peut être un petit pays mais se rendre incontournable au plan internationale » conclut l’ancien professeur de philosophie que la politique a rattrapé. Il multiplie les contacts pour accélérer l’adhésion tout en préparant activement le sommet Afrique-Israël auquel prendront part plusieurs pays africains du Commonwealth.

 

Créé en 1949, le Commonwealth regroupe 52 Etats autour de la Reine Elisabeth II. Sa population totale est estimée à 2,4 milliards, soit 10 fois plus que celle de la Francophonie. La démocratie, les droits de l’homme et la fraternité entre les peuples sont ses principales valeurs. C’est aussi l’espace économique le plus important de tous les temps. L’adhésion totale du Togo peut être effective d’ici 2 à 5 ans.

 

MAX-SAVI Carmel, Lomé, Togo


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